Monday, September 25, 2017
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Fine Art Italia-Abc Artists Elizabeth Prouvost Elizabeth Prouvost-Veronique

Elizabeth Prouvost-Véronique


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Elizabeth Prouvost

"Véronique"


La photographe Elizabeth Prouvost construit des histoires en mettant en scène des corps nusen mouvement dont elle dit vouloir 'capter l'énergie'. Ces images plongées dans l'obscurité d'où jaillissent des figures ambigües laissent le champ libre à diverses interprétations. Et pour cause,Elizabeth Prouvost invoque le lâcher prise et le hasard qu'elle affectionne justement, car ils nedépendent pas de la main de l'homme. Elle les reçoit comme des cadeaux. Cette chef opératrice mène un projet photographique personnel depuis quinze ans autour du thème du Radeau de la Méduse, allégorie de la condition humaine condamnée à lutter pour survivre. C'est là, désormais, le noyau dur de son oeuvre. La prestigieuse galerie Agathe Gaillard, pionnière de la photographie va mettre en lumière ce travail jusqu'à présent jamais exposé. De son côté, la galerie Epson Photo Expert se prépare à une autre exposition qui fait sens : sa série de photographies sur Véronique, jeune femme pour qui poser revenait à faire un don à l'artiste qu'elle admire et respecte profondément...Joli doublé donc pour cette photographe rebelle et authentique qui savoure chaque moment depuis qu'elle a été victime d' un grave accident, il y a deux ans.
Entretien.
Comment est née l'idée de cette exposition sur Véronique?
J'avais envie d'exposer chez Epson Photo Expert car je trouve le lieu très particulier, surtout grâce à Philippe Philbee qui prend l'initiative des expositions. J'allais régulièrement à la boutique acheter mes cartouches d'imprimante et un jour il m'a proposé d'exposer. Il est venu à l'atelier. Je lui ai montré mon travail et c'est lui qui a choisi la série sur Véronique. Véronique n'avait jamais posé nue et j'étais très émue qu'elle vienne vers moi pour que je la photographie. On a fait deux séances de photos. Après, elle a décidé d'arrêter. Elle s'est donnée à fond en oubliant son égo, comme tous les modèles qui travaillent avec moi. Véronique n'a jamais voulu voir les photos. ça m'a beaucoup perturbée. ça m'a obligée à travailler énormément.Elle m'a pris à mon propre jeu. Je dois montrer à fond cette liberté de corps', ce que je ressens de son énergie. Je veux que ce soit cette vérité-là qui soit révélée. Je veux qu'elle se trouve sublime lorsqu'elle les verra.Et par jeu, elle décida de ne voir les photos qu'une fois qu'elles seront exposées. J'espère qu'elle viendra voir l'exposition. Comme par hasard, Philippe a choisi ce travail là! Encore un défi! Je le remercie beaucoup, c'est une expérience formidable! Et comme si ça ne suffisait pas, un archéologue a fait le lien entre ces images et les représentations de la Vénus du paléolithique. Je n'y avais pas pensé mais c'est évident. La Vénus c'est l'incarnation de la première femme et de la beauté. C'est incroyable toute cette histoire! Je pense que la sincérité apporte des énergies positives. Vous exposez en même temps chez Agathe Gaillard. Qu'est ce que cette exposition représente pour vous? C'est très important pour moi. Quand Agathe m'a proposé de faire une exposition, il ne pouvait rien m'arriver de mieux . je n'avais jamais voulu montrer ce travail là. Elle me fait confiance et me donne une liberté totale. Agathe est la première à avoir eu envie de transformer le travail des photographes en oeuvre d'art. Elle a révélé des gens extraordinaires comme Kertész, Edouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier… Le travail qu'elle a fait avec Hervé Guibert est aussi remarquable. Elle a un respect total des photographes et j'ai une grande admiration pour elle. C'est un monument, Je suis fière. Je suis dans un état de béatitude permanent, j'en profite un maximum. Pour moi c'est un nouveau point de départ. C'est comme ça que je le vis en tout cas. Je ne le vis pas comme un aboutissement mais comme le début d'un nouvelle période.
Cette exposition a une histoire particulière... Comment est née votre collaboration avec Agathe Gaillard?
J'ai rencontré Agathe grâce à une amie photographe, Claude Alexandre. Les éditions Edite ont fait une monographie sur son travail 'Corps sacré'. Claude m'a appelée pour me demander si elle pouvait mettre dans son livre 4 photos du travail qu'on avait fait ensemble il y a 18 ans. Elle a montré ce travail à Agathe qui a voulu en savoir plus sur mes réalisations. En fait, Claude a fait le relai. Elle a dit : 'Voilà, je te présente Agathe. Moi, ça y est, c'est fini. Je n'ai plus rien àdire. J'ai terminé l'ensemble de mon travail'. A l'époque, elle m'avait appelée pour me demander de faire des photos d'elle, nue, en taureau et en torero. Claude était persuadée qu'elle avait vécu plusieurs vies, que dans ses vies elle avait été tour à tour taureau et torero. Le plaisir fut immense. J'avais complètement oublié que j'avais fait ce travail. Quand Agathe a vu ces 4 photos elle a suggéré à l'éditeur d'en faire un livre. J'ai proposé que Claude Louis-Combet écrive le texte car c'est un travail très spécial, pas facile à montrer. Lui seul avait la capacité de faire ça. Il a écrit un texte extraordinaire. Le livre 'Ô Dieu, entaure-moi!' est sorti. On a fait l'exposition pendant un week-end chez Agathe. C'était le point final de la vie de Claude. C'est comme si elle avait enfin réussi à montrer ses croyances profondes. Elle est tombée malade un mois avant l'exposition et elle n'a pas pu venir la voir. Elleest morte deux mois après. En observant vos photographies, on a souvent l'impression d'assister à des combats. Comment expliquez-vous cela? Je pense que nous sommes dans une société où le corps est quasiment devenu une autocensure. De plus en plus, on nie le corps. On nie la mort. Notre société n'admet que la naissance et le corps jeune et je trouve ça pathétique. Je pense que les gens qui arrivent dans mon atelier ont envie de se dépasser et beaucoup me disent qu'ils doivent lutter avec eux-mêmes pour arriver à faire ce qu'ils font devant l'objectif. J'imagine aussi que ma subjectivité joue. Je pense qu'on essaie de se retrouver dans ce qu'on photographie, qu'on recrée sa propre histoire. C'est probablement parce qu'il me serait impossible de me mettre nue comme ils le font. On ressent, parfois, cette tension. Lorsque je travaille plusieurs fois avec la même personne, j'aime bien capter son énergie. Je la 'mange' : je profite de son état psychique pour exprimer mes propres états d'âme. Si je ressens chez elle de la violence, j'essaie de faire en sorte qu'elle l'exprime. Elle se défoule devant moi et tout d'un coup ça engendre quelque chose d'extraordinaire qui n'est pas contrôlé et ça, ça m'intéresse beaucoup. Vous laissez donc beaucoup de place au hasard et à la subjectivité du spectateur? Oui mais pour moi le hasard n'est pas un terme négatif. Pour moi c'est un regard plus pointu qu'on n'aurait pas si on contrôlait tout. C'est une surprise, un cadeau. Je trouve que les humains ont tort de vouloir tout diriger. Le lâcher prise crée de très belles choses. J'essaie d'aller à la limite de ce qu'on pourrait montrer et aussi d'atteindre mes propres limites. Si je montre mon travail à dix personnes, il n' y a pas dix fois la même résonance. C'est ça qui m'intéresse. L'art doit permettre de communiquer et non pas d'imposer.Je travaille en mouvement : je bouge autour du modèle qui bouge également et en plus, je travaille au ralenti, au 15ème ou 8ème de seconde. Je crée ainsi le maximum de conditions pour laisser passer quelque chose que je n'aurais pas pu percevoir. Bien entendu, je donne une orientation au modèle et en général j'obtiens ce que je désirais d'une façon plus puissante. Ce hasard contrôlé m'intéresse beaucoup. J'aime photographier les peurs des gens, leur retrait, leurs angoisses. Ils ont forcément des gestes maladroits et personnels et c'est justement ce qui m'interpelle. C'est très riche de travailler comme cela. Comment choisissez-vous vos modèles? Je ne choisis pas toujours mes modèles. Souvent ils viennent à moi. Ce qui m'intéresse surtout, c'est de prendre des gens 'normaux', des gens qui ont un corps qui vit, qui a une histoire. Je pense d'ailleurs que presque tout le monde a ce besoin là. C'est une bonne psychothérapie de s'obliger à faire parler son corps, de le retrouver alors qu'il est habituellement caché voire banni. Quand mes modèles se déshabillent c'est une vraie mise à nu... Une mise à nu intellectuelle. Très souvent, je discute avec eux, je fais des dessins, j'écris des textes pour orienter la séance, pour leur dire ce que je voudrais obtenir et après je les laisse faire. Pendant les séances, je fais en sorte de devenir invisible. Je trouve ça important qu'ils s'expriment par eux-mêmes car c'est leur propre énergie qui m'intéresse. J'ai beaucoup de reconnaissance pour mes modèles. Vous sentez-vous capable de faire ce qu'ils font? Non, je ne pourrais pas le faire. Même pas des autoportraits. J'ai essayé mais c'est dur car je n'ai pas de liberté avec mon corps. J'ai beaucoup de mal à me déshabiller. C'est la raison pour laquelle j'éprouve de l'admiration pour mes modèles qui se mettent à nu devant mon objectif.
Lors d'une prise de vues, je suis toujours très émue, un peu angoissée aussi. J'aime l'impossible et ce travail là me violente. je continuerai tant que ça me violentera, j'imagine !

Exposition 'Véronique', Epson Photo Expert du 3 mai au 11 juin 2011

Exposition 'Les Radeaux', galerie Agathe Gaillard du 10 mai au 2 juillet 2011

Propos recueillis par Caroline Gautron
®

About The Artist...


Liberation-Je ne comprends pas les canons de beauté par Elizabeth Prouvost 2013

Biographie: Elizabeth Prouvost

Elizabeth Prouvost est cadreur et directeur de la photographie dans le cinéma. Elle a travaillé, entre autres réalisateurs, avec Robert Kramer, Marc Jolivet, Caroline Huppert, Gérard Vergès, Sabine Prenczina (caméra d’or au Festival de Cannes 1992), Jacques Renard, Catherine Corsini, Etienne Périer, Christophe Malavoy…
Réalisation d’un court-métrage : Stella-Plage, avec Catherine Jacob et Dominique Pinon. 1993.
Elle commence une carrière de photographe en 1993.

"Mon travail photographique est une mise en abîme du corps absous des contraintes sociales, esthétiques ou morales. Durant les « séances » de prise de vues, j’encourage mes modèles à se libérer de tout apprentissage, de toute éducation, à exprimer leur « part maudite ». Je m’intéresse à leur enveloppe de chair. La part des désirs qu’elle exprime: violents, inavouables, voire obscènes en fonction du thème que je souhaite explorer."

Expositions personnelles :

2011 Les Radeaux, Galerie Agathe Gaillard, Paris.

2011 Véronique,  Espace Epson/Prophot, Paris.

2010 Ô Dieu, entaure-moi, signature du livre chez Agathe Gaillard.

2005 100 portraits imaginaires, Espace Dupon Bastille, Paris.

2004 100 portraits imaginaires, Fnac Digital, Paris.

2003 Transes-Parence, Le Lieu, Saint-Jean-Cap-Ferrat.

1999 Déliquescence, galerie Mantoux-Gignac, Paris.

1999 Thanatofoto, Le Pez-nerfs, Villeurbanne.

1997 Portraits de Macha Méril, Maison Européenne de la Photographie, Paris.

1997 Edwarda, Espace des Arts Confondus, Villeurbanne.

1997 Edwarda, centenaire de la naissance de Georges Bataille, Billon.

1996 Edwarda, galerie Baudouin Lebon, Paris.

1995 Elizabeth Prouvost, photographies, Pierre Chart, peintures, Villa des Arts, Paris

1994 Impudences, galerie Dmochowski, Paris.

1994 Deligatures, galerie Jean-Claude Riedel, Paris.

Expositions collectives :

2010 Le hasard profite aux esprits préparés, mois de la photo, Galerie Agathe Gaillard.

2009 Corps sacré, signature du livre chez Agathe Gaillard.

2006 Travers N°1, L’Antigalerie, Paris.

2004 Festival Terre d’Images, Biarritz.

2004 Corps/limites, Souterrain Porte II Nancy.

2003 Regard rebelle, mois de la photographie, Centre Iris, Paris.

2003 Un camion pour Hambourg, Musée de l’Erotisme, Paris.

2002 Body Limits, Les Subsistances, Lyon.

2001 Saranne Alexandrian et ses amis, Mairie du Xème arrondissement de Paris.

2001 Face à Face, galerie Rachlin Lemarie, Paris.

2001 Elizabeth Prouvost, Espace Commines, Paris.

2000 La cirque des fantasmes, Kill oh What, Paris.

2000 Marie-Madeleine, Dalton Galleries, Agnes Scott College. Atlanta, Georgia, USA.

1999 L’excès-l’écrin, galerie Bruno Delarue, Paris.

1998 Féminin au féminin, Musée de l’érotisme, Paris.

1998 Corpus Delicti, Masoch Fund, Lviv. Ukraine.

1997 The Bite Generation,  usine François Coppée, Nantes.

1997 De l’autre côté du miroir, Picto-Bastille, Paris.

1997 A Contrevues : un regard sur l’érotisme, Espace Le Bôkal,Le Havre.

1996 Expression du corps, Espace Contre-jour, Paris.

1996 L’art n’a pas de sexe, A l’enseigne des Oudin, Paris.

1995 Rires de Femmes, galerie Gérald Piltzer, Paris.

1995 Figures actuelles de L’Eros, A l’enseigne des Oudin, Paris.

Ouvrages personnels:

2013 LA PROIE DES YEUX, Images de Elizabeth Prouvost, texte de Joél-Claude Meffre, editions Bernard Dumerchez.

2011 Les Milésiennes, texte de Claude Louis-Combet, livre d’artiste, micro-édition La Diseuse. Ce petit livre est accompagné d’un CD du texte lu par Pierre Clémenti.

2010 Ô Dieu, Entaure-moi, texte de Claude Louis-Combet, éditions Edite.

2009 Magdeleine à corps et à Christ, texte de Claude Louis-Combet, éditions Fata Morgana.

2004 100 portraits imaginaires d’Elizabeth et Françoise Prouvost, éditions Alternatives.

2002 Elizabeth Prouvost, Regard n°78, Le Petit Abergement.

1999 Le Destin d’Abel, texte d’Elisabeth Herrgott, édition K-Films.

1995 EDWARDA, d’après le roman de Georges Bataille, Madame Edwarda, chez Jean-Pierre Faur éditeur.

Ouvrages collectifs:

2009 Corps Sacré, Hommage à Claude Alexandre, éditions Edite.

2004 Archaïsme, Singe n°4,.

2002 The Mammoth Book of Illustrated Erotica, édition Constable & Robinson Ltd. UK.

2000 Changer le corps, Collectif sous la direction de Stéphanie Heuze, La Musardine.

1999 Histoires d’œufs de Michèle Auer et Jean Streff, éditions Ides et Calendes.

1995 Objet Perdu, de John Gelder, édition Lachenal & Ritter.

Liberation-Willem-1995

Liberation-Willem-1995

Liberation Willem 2001

Willem-Charlie Hebdo

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